L’on ne peut confondre Saint-Aubain et Saint-Aubin.
Le premier (avec un ‘a’), c’est Sanctus Albanus. Il est honoré à Namur, dont la cathédrale porte le nom. Il mourut en martyr. Il est le saint patron des Alban.
Saint-Aubin, le nôtre, c’est Sanctus Albinus; saint patron des Albin, des Aubin; des prénoms que l’on retrouve dans nos registres paroissiaux.
Aubin naquit dans le diocèse de Vannes, en Bretagne, vers l’an 470. Il devint abbé du monastère de Cincillac (1), puis fut élu au rang d’évêque à Angers.
Il se pencha sur la misère et accomplit de nombreux miracles, parmi lesquels on cite la résurrection d’un jeune homme et la guérison de trois aveugles. Il mourut en 555 à l’âge de 85 ans environ.
Comme il était de coutume jadis, notre village prit le nom du saint qui y était particulièrement honoré. C’était déjà, peut-être, vers l’an 700 ou même précédemment; mais certainement avant l’an 900 comme le montrent les vieux documents.
Nous avions déjà une église en 1012, ne l’oublions pas !
De 1294 à 1545, notre village s’appela Saint-Albin; ce qui était la traduction litérale de Sanctus Albinus. Puis l’orthographe se modifia d’elle-même quand le français devint la langue de tous; même des érudits et des oeuvres qu’ils publiaient.
L’abbé Faucomont, qui fut curé de Saint-Aubin de 1908 à 1943 a écrit qu’au siècle dernier, notre administration communale tenta de transformer Saint-Aubin en Saint-Aubain. On ne sait pourquoi. Elle fut rappelée à l’ordre par le Commissariat d’Arrondissement. Notre village garda ainsi son saint patron, comme des dizaines de localités françaises du même nom (2).
Il est fêté le premier mars.
(1) Aujourd’hui nommé Cincillant
(2) Exactement 83 localités, et 110 églises.
